Lisez la prévision de Boeing avec son contexte

Boeing a publié le 22 juillet 2025 son Pilot and Technician Outlook, qui couvre la période 2025-2044. Le constructeur estime que le monde aura besoin d'environ 2,37 millions de nouveaux professionnels de l'aviation commerciale : 660 000 pilotes, 710 000 techniciens et 1 000 000 de membres du personnel de cabine.

Pour l'Amérique du Nord, la prévision indique 119 000 pilotes, 123 000 techniciens et 193 000 membres du personnel de cabine, soit 435 000 personnes au total. Pour la Chine, elle indique 124 000 pilotes ; pour l'Asie du Sud-Est, 62 000 ; pour l'Asie du Sud, 45 000 ; pour l'Asie du Nord-Est, 23 000.

Boeing vend des avions. Plus la demande de personnel est élevée, plus le marché des avions est justifié. Cette prévision est une estimation du constructeur, pas une promesse d'emploi, et elle suppose une croissance du trafic aérien que d'autres facteurs, comme les crises économiques ou sanitaires, peuvent modifier.

Ajoutez les chiffres du BLS

Le BLS projette, pour les pilotes d'avion de ligne, les pilotes commerciaux et les mécaniciens navigants réunis, une croissance de 7 % entre 2025 et 2035. Il la décrit comme beaucoup plus rapide que la moyenne de l'ensemble des professions. La croissance projetée est de 8 % pour les pilotes de ligne et de 5 % pour les pilotes commerciaux, avec environ 16 400 ouvertures par an.

Le salaire médian du groupe était de 210 020 $ US en mai 2025. Les pilotes de ligne gagnaient 232 140 $ US et les pilotes commerciaux 123 220 $ US. L'écart entre les deux sous-catégories est notable : les pilotes commerciaux travaillent dans des activités variées (transport régional, travail aérien, services spécialisés) où la rémunération est plus basse.

Ces chiffres décrivent le marché américain. Ils reflètent aussi des pilotes expérimentés : un pilote débutant ne gagne pas la médiane, et le chemin vers un poste de ligne peut passer par des années de vols à faible rémunération.

Suivez la séquence des licences

Le BLS décrit la séquence américaine des certificats de la Federal Aviation Administration : pilote étudiant, pilote privé, qualification de vol aux instruments, pilote commercial, qualification multimoteur, puis pilote de ligne (ATP). Chaque étape demande un examen théorique et un examen pratique en vol.

La page du BLS donne quelques repères : 40 heures de vol aux instruments et 50 heures de vol de navigation comme commandant de bord pour la qualification aux instruments. Elle ne précise pas le total d'heures nécessaire pour la licence de pilote de ligne, et indique seulement que celle-ci comporte des exigences d'heures.

Les règles diffèrent d'un pays à l'autre, et les autorités nationales les publient. Un étudiant étranger doit donc vérifier la licence reconnue dans le pays où il voudra travailler, et la façon de convertir une licence obtenue ailleurs.

Comparez les profils de pilotes dans un tableau

Le tableau suivant reprend les chiffres américains du BLS. Il ne s'applique pas tel quel à un autre pays.

Catégorie (États-Unis) Croissance 2025-2035 Salaire médian, mai 2025 Formation typique selon le BLS
Pilotes de ligne 8 % 232 140 $ US Baccalauréat dans tout domaine, plus formation de vol
Pilotes commerciaux 5 % 123 220 $ US Formation de vol ; diplôme parfois préféré

La différence de salaire et de formation entre les deux lignes rappelle que « pilote » recouvre des carrières très différentes, du transport commercial de passagers aux vols agricoles ou touristiques.

Le BLS précise que les pilotes de ligne ont généralement un baccalauréat, dans n'importe quel domaine, en plus de leur formation de vol, alors que les pilotes commerciaux ont surtout besoin de formation de vol, certains employeurs exigeant ou préférant un diplôme. Les ouvertures annuelles de 16 400 incluent aussi le remplacement des pilotes qui quittent la profession ou partent à la retraite, et pas seulement la création de postes nouveaux.

Vérifiez les exigences médicales et d'âge

Le BLS précise que les candidats au certificat commercial doivent réussir un examen médical, dont l'une des exigences est une vision corrigeable à 20/20. Les pilotes doivent ensuite passer des examens médicaux périodiques, en général chaque année ou tous les deux ans. La limite fédérale américaine de 65 ans concerne les pilotes des transporteurs aériens soumis à la partie 121 de la réglementation de la FAA ; elle ne s'applique pas à tous les pilotes commerciaux.

Ces exigences s'appliquent aux États-Unis. D'autres pays ont des catégories médicales et des limites d'âge différentes, qu'il faut lire auprès de l'autorité locale.

Un candidat intéressé par le pilotage gagne à passer l'examen médical d'aptitude avant d'engager des frais importants. Un problème de santé qui rend le certificat impossible à obtenir, découvert après plusieurs mois de formation, représente une perte financière considérable. Les autorités publient la liste des médecins examinateurs agréés et les critères de chaque catégorie de certificat ; certaines conditions, comme la vision des couleurs ou l'audition, peuvent exclure des fonctions précises sans exclure d'autres métiers de l'aviation.

Évaluez le coût et le financement

Les sources consultées ne publient pas de coût total de formation comparable entre pays ni de durée moyenne. Le coût dépend du type de programme : formation intégrée dans une école de pilotage, programme universitaire avec heures de vol, ou formation modulaire auprès d'un club ou d'une école privée.

Quelques questions aident à comparer les écoles :

  • le coût comprend-il toutes les heures de vol, ou seulement une partie ?
  • l'école possède-t-elle sa propre flotte, et combien d'élèves par appareil ?
  • combien d'élèves obtiennent la licence commerciale dans les délais annoncés ?
  • l'école est-elle approuvée par l'autorité nationale de l'aviation ?
  • quels postes de premier emploi ses diplômés occupent-ils ?

Un financement par emprunt augmente le risque, surtout si les revenus de début de carrière sont faibles. Les compagnies aériennes offrent parfois des programmes de parrainage, mais leurs conditions varient.

Regardez aussi les métiers voisins du pilotage

Boeing chiffre à 710 000 les techniciens nécessaires d'ici 2044, un nombre supérieur à celui des pilotes. Le BLS projette pour les mécaniciens et techniciens d'aéronefs une croissance de 6 % entre 2025 et 2035, avec un salaire médian de 80 180 $ US en mai 2025 ; la formation d'entrée typique est un certificat non universitaire, le plus souvent obtenu dans un programme de maintenance approuvé par l'autorité de l'aviation.

Ces métiers n'exigent ni examen médical de pilote ni centaines d'heures de vol payées par l'étudiant. Ils conviennent à des personnes attirées par l'aviation mais préoccupées par le coût ou par les contraintes médicales du pilotage. Les certificats de cellule et de groupe motopropulseur (A&P aux États-Unis) sont distincts, et les employeurs préfèrent souvent les mécaniciens qui détiennent les deux.

Anticipez les cycles du secteur

L'aviation est cyclique. Les crises économiques, sanitaires ou géopolitiques peuvent réduire l'embauche pendant plusieurs années. La prévision de Boeing porte sur vingt ans et ne dit pas comment l'embauche évoluera d'une année à l'autre.

Un diplômé qui termine sa formation pendant une période de ralentissement peut attendre longtemps un premier poste. Il est utile de se demander ce qu'on ferait pendant cette période : travail comme instructeur de vol, emploi dans d'autres métiers de l'aviation, poursuite d'un diplôme universitaire.

Un diplôme universitaire, même sans lien direct avec le pilotage, est exigé ou préféré par certains employeurs, selon le BLS pour les pilotes de ligne. Il constitue aussi un plan de repli. Les écoles de pilotage rattachées à un établissement d'enseignement supérieur permettent de combiner les deux, mais elles allongent la durée totale et en augmentent le coût.

Et au Canada ?

Au Canada, la formation de pilote passe par des écoles de pilotage et des programmes universitaires ou collégiaux, sous la supervision de Transport Canada, dont les pages sur les licences n'ont pas pu être consultées pour cet article. Les conditions précises se lisent sur le site de l'autorité. L'Amérique du Nord, selon Boeing, aura besoin de 119 000 nouveaux pilotes d'ici 2044.

Pour les étudiants étrangers, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada exempte les diplômés d'une école de pilotage de l'exigence de preuve linguistique au moment de la demande de permis de travail postdiplôme, selon sa page consultée. Les autres conditions de ce permis restent à lire sur la même page. StudyCanada répertorie notamment Science and Aviation et Geography and Aviation à l'Université de Waterloo. Ces deux programmes associent un diplôme universitaire à une formation de pilotage menant à une licence, selon les pages officielles de Waterloo.