Partez de l'ordre de grandeur mondial
Une étude de l'OMS publiée dans BMJ Global Health en 2022 dénombre 65,1 millions de professionnels de la santé en 2020 : 29,1 millions d'infirmières, 12,7 millions de médecins, 3,7 millions de pharmaciens, 2,5 millions de dentistes, 2,2 millions de sages-femmes et 14,9 millions d'autres professions.
Les auteurs projettent 84 millions de professionnels en 2030, soit une hausse moyenne de 29 % par rapport à 2020, plus rapide que la croissance de la population (9,5 %). Le déficit estimé passerait de 15 millions en 2020 à 10 millions en 2030, une baisse de 33 %.
Ces chiffres montrent deux choses à la fois. Le personnel augmente. L'écart par rapport aux besoins reste pourtant considérable. Ils décrivent un manque théorique, calculé à partir de seuils de couverture, et non un nombre d'emplois affichés par les hôpitaux.
Lisez les chiffres sur les infirmières avec leur date
Le rapport State of the World's Nursing 2025 de l'OMS, publié le 12 mai 2025 à partir de données de 194 États, estime que l'effectif infirmier mondial est passé de 27,9 millions en 2018 à 29,8 millions en 2023. Il projette 36 millions en 2030. Le déficit passerait de 5,8 millions en 2023 à 4,1 millions en 2030.
L'étude de 2022 présente une autre estimation : un déficit de 4,5 millions d'infirmières et de 0,31 million de sages-femmes en 2030, soit environ 4,8 millions au total. Ces chiffres figurent dans son tableau 3. Les deux séries n'ont pas la même date ni la même méthode.
La règle de lecture est simple : citer un chiffre avec son année et sa source, et ne pas mélanger les éditions. Le rapport de 2025 note aussi que les écarts entre régions devraient s'accentuer d'ici 2030, avec peu ou pas de hausse de la densité d'infirmières en Afrique et dans la région de la Méditerranée orientale.
Repérez la pénurie des sages-femmes et des autres professions
Les infirmières forment la plus grande profession de santé, mais elles ne sont pas seules en cause. L'OMS évalue à environ 900 000 le manque de sages-femmes dans le monde, soit un tiers de l'effectif requis, selon une déclaration de 2023. La fiche de l’OMS mise à jour en août 2026 recense 2,2 millions de sages-femmes en activité.
Les médecins, les pharmaciens, les dentistes et les professions de réadaptation ne bénéficient pas d'une série de projection aussi détaillée dans les sources consultées. Quand une profession n'a pas de chiffre mondial récent, mieux vaut passer par les statistiques nationales du pays visé, qui publient souvent des projections par profession.
L'OMS rappelle aussi que le personnel infirmier et obstétrical compte parmi les plus féminisés de l'économie : à l'échelle mondiale, 67 % de la main-d'œuvre de la santé et de l'action sociale est composée de femmes, contre 41 % dans l'ensemble des secteurs d'emploi. Cette donnée sert de contexte aux débats sur les salaires et les conditions de travail, qui influencent la rétention du personnel autant que les inscriptions dans les programmes.
Mesurez l'inégalité de répartition
Le manque n'est pas uniforme. L'étude de 2022 relève une densité de personnel 6,5 fois plus élevée dans les pays à revenu élevé que dans les pays à faible revenu. Le rapport de l'OMS de 2020 notait qu'une infirmière sur huit travaillait dans un pays autre que celui où elle était née ou avait été formée.
Cette mobilité crée un enjeu éthique que l'OMS souligne : plusieurs pays pauvres perdent du personnel qu'ils ont formé. Le rapport de 2020 invitait les pays à former suffisamment d'infirmières plutôt qu'à combler leurs besoins par du recrutement à l'étranger, et citait l'exemple de l'Allemagne, qui avait renforcé le recrutement national tout en soutenant la formation dans les pays d'origine.
Pour un étudiant, cela signifie que la « pénurie » mondiale ne se traduit pas par un droit d'exercer. Les pays où le manque est le plus grand sont souvent ceux qui reconnaissent le moins facilement les diplômes étrangers, ou qui ne peuvent pas financer les postes.
Distinguez diplôme et droit d'exercer
Dans les professions de santé, le diplôme ne suffit pas : il faut un permis délivré par un organisme de réglementation. La reconnaissance suit des règles propres à chaque pays, parfois à chaque province ou État.
| Profession | Pays | Étape de reconnaissance publiée |
|---|---|---|
| Médecin | États-Unis | Certification ECFMG : vérifier les conditions en vigueur et l'ECFMG Sponsor Note de l'école ; la politique d'agrément d'Intealth ne modifie pas l'admissibilité |
| Médecin | Canada | Examens MCCQE et NAC requis pour le jumelage CaRMS (calendrier 2026) |
| Médecin | Québec | Reconnaissance d'équivalence du M.D. par le Collège des médecins du Québec avant CaRMS |
| Infirmière | Canada (hors Québec) | Évaluation des diplômes selon les exigences de l'ordre provincial ; recours au NNAS lorsque la voie retenue le prévoit |
Ces règles changent. Le tableau reflète les pages officielles consultées en octobre 2026 ; il faut les relire avant toute démarche.
Vérifiez l'agrément quand la destination finale est les États-Unis
La politique d'agrément reconnu d'Intealth est mise en œuvre depuis novembre 2024. Elle renseigne sur l'agrément des écoles, mais ne modifie pas l'admissibilité à la certification ECFMG.
La WFME et le NCFMEA sont les deux organismes de reconnaissance acceptés dans cette politique. L'étudiant doit vérifier séparément les conditions actuelles de certification et l'ECFMG Sponsor Note de son école dans le World Directory of Medical Schools.
Choisissez le pays de formation selon le pays d'exercice
Une règle simple se dégage de ce qui précède : le lieu d'exercice visé détermine en grande partie les études à privilégier. Se former dans le pays où l'on souhaite exercer évite les démarches d'équivalence. Se former ailleurs peut fonctionner, mais seulement si le programme est reconnu par l'organisme de réglementation du pays visé.
Trois vérifications reviennent dans la plupart des cas :
- L'établissement ou son agence d'agrément figure-t-il sur la liste que le pays d'exercice reconnaît ?
- Le programme comprend-il les stages cliniques exigés ?
- Les examens de langue et de licence sont-ils accessibles aux diplômés étrangers ?
Les ordres professionnels et les ministères de la santé publient ces conditions. Les délais comptent aussi : l'évaluation des diplômes étrangers, les examens de licence et d'éventuels cours de mise à niveau s'enchaînent, et leur durée varie selon la province ou l'État. Aucun délai moyen fiable n'a été retrouvé dans les sources officielles consultées ; chaque organisme publie ses propres échéanciers.
Et au Canada ?
Au Canada, l'exercice des professions de la santé relève des provinces, et chaque ordre fixe ses conditions. Pour les infirmières formées à l'étranger, la voie d'évaluation des diplômes dépend de l'ordre provincial : le NNAS intervient dans certaines démarches, mais n'est pas obligatoire partout hors Québec. En Ontario, d'autres services d'évaluation sont acceptés. Au Québec, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec traite les dossiers selon ses propres règles. Pour les médecins formés à l'étranger, le Conseil médical du Canada indique que les examens MCCQE et NAC sont requis pour le jumelage CaRMS.
StudyCanada propose notamment le programme de sciences infirmières de l'Université de Montréal, celui de l'Université de la Colombie-Britannique, celui de l'Université d'Ottawa et le programme de pharmacie de l'Université de Montréal. Ces programmes sont répertoriés au niveau de la discipline, sans détail par parcours. L'admission des étudiants internationaux est contingentée dans plusieurs de ces programmes, et les conditions précises se lisent dans la page de chaque programme avant de planifier un projet d'études.



