Replacez la demande dans le contexte mondial
Le rapport State of the World's Nursing 2025 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), publié le 12 mai 2025 à partir de données de 194 États, estime que l'effectif infirmier mondial est passé de 27,9 millions en 2018 à 29,8 millions en 2023. Il projette 36 millions en 2030. Le déficit passerait de 5,8 millions en 2023 à 4,1 millions en 2030.
Le même rapport note que les écarts entre régions devraient s'accentuer d'ici 2030, avec peu ou pas de hausse de la densité d'infirmières en Afrique et dans la région de la Méditerranée orientale. Le manque est donc surtout concentré dans des régions qui n'ont pas les moyens d'embaucher ni de reconnaître facilement des diplômes étrangers.
Ces chiffres décrivent un manque théorique, calculé à partir de seuils de couverture. Ils ne se traduisent pas automatiquement en postes affichés pour un diplômé précis.
Lisez les données américaines
Pour les États-Unis, le Bureau of Labor Statistics (BLS) projette une croissance de 6 % de l'emploi des infirmières autorisées entre 2025 et 2035, contre 3 % pour l'ensemble des professions, soit environ 194 700 emplois de plus. L'effectif atteignait environ 3 465 400 postes en 2025. Le salaire médian était de 97 550 $ US en mai 2025, les 10 % les moins payés gagnant moins de 68 940 $ et les 10 % les mieux payés plus de 137 470 $.
Ces données décrivent un seul pays. Elles ne précisent pas la part d'infirmières formées à l'étranger, ni les conditions de leur embauche. Les salaires médians regroupent aussi des postes très différents : hôpital, soins à domicile, établissement de longue durée, pratique avancée.
Pour un étudiant qui vise un autre pays, les statistiques nationales de ce pays sont la source à privilégier. Elles ne sont pas comparables terme à terme avec celles du BLS.
Choisissez entre trois voies de formation
Le BLS décrit trois voies d'accès à la licence d'infirmière autorisée aux États-Unis : un baccalauréat en sciences infirmières (environ quatre ans), un diplôme d'associé en sciences infirmières (environ deux ans et demi à quatre ans selon l'établissement) ou un diplôme d'un programme hospitalier approuvé (de deux à trois ans). Le BLS note que des hôpitaux peuvent exiger un baccalauréat.
Le choix a des conséquences. Un baccalauréat ouvre davantage l'accès aux postes de gestion, de santé publique et aux études supérieures. Les voies plus courtes mènent plus vite à l'emploi, mais peuvent limiter la progression.
Dans d'autres pays, la structure est différente : formation collégiale, formation universitaire ou programme combiné. Il faut vérifier quelle voie le pays d'exercice reconnaît pour l'obtention du titre.
Distinguez diplôme et licence
Aux États-Unis, le BLS précise que les infirmières doivent détenir une licence délivrée par l'État où elles travaillent. Pour l'obtenir, il faut avoir terminé un programme approuvé et réussi un examen de qualification ; les règles de vérification des antécédents varient selon l'État, et chaque ordre fixe ses propres règles.
Cette logique se retrouve ailleurs : le diplôme prépare, la licence autorise. Un diplôme étranger doit en général être évalué, parfois complété par des cours de mise à niveau, puis suivi d'un examen. La durée de ce processus varie, et aucun délai moyen fiable n'a été retrouvé dans les sources officielles consultées.
Les organismes de réglementation publient leurs conditions : documents à fournir, preuves de langue, examens, frais. Il vaut mieux lire ces pages avant de s'inscrire dans un programme à l'étranger, et comparer le nombre d'heures de stage clinique du programme visé avec le minimum que l'ordre exige, car l'ordre peut demander un complément si le programme est en deçà.
Résumez les étapes dans un tableau
Le tableau suivant reprend les étapes publiées pour les destinations évoquées. Les règles changent et doivent être revérifiées avant toute démarche.
| Destination | Étape de reconnaissance ou de licence | Source |
|---|---|---|
| États-Unis | Programme approuvé, examen de qualification, licence de l'État | BLS |
| Canada (hors Québec) | Évaluation des diplômes selon les exigences de l'ordre provincial ; recours au NNAS lorsque la voie retenue le prévoit | NNAS |
| Québec | Dossier traité séparément par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec | OIIQ |
Le tableau n'indique ni les délais ni les coûts, parce que les sources consultées ne les publient pas de façon comparable. Il ne dit pas non plus si une démarche est ouverte à tous les diplômes : chaque organisme examine la formation du candidat, ses heures de stage clinique et son expérience, et peut demander des compléments avant de délivrer la licence.
Anticipez les enjeux éthiques de la mobilité
L'OMS rappelait dans son rapport de 2020 qu'une infirmière sur huit travaillait dans un pays autre que celui où elle était née ou avait été formée. Elle invitait les pays à former suffisamment d'infirmières plutôt que de combler leurs besoins par du recrutement à l'étranger.
Cette mobilité crée des tensions. Certains pays à faible revenu perdent du personnel qu'ils ont formé, ce qui aggrave leur propre manque. L'OMS maintient pour cette raison un code de pratique sur le recrutement international. Les candidats qui souhaitent émigrer peuvent consulter les politiques de leur pays d'origine et du pays de destination, qui peuvent comprendre des accords bilatéraux.
Pour une personne, la question est aussi pratique : certains pays imposent des périodes de service ou des restrictions de départ après la formation.
Planifiez la langue et le coût
Les organismes de réglementation exigent presque toujours une preuve de maîtrise de la langue d'exercice, avec un test reconnu et un seuil minimal. Les exigences varient selon l'organisme et se vérifient sur son site.
Le coût total d'une reconnaissance de diplôme comprend l'évaluation des documents, les frais d'examen, les traductions certifiées et les cours de mise à niveau éventuels. Les sources consultées ne publient pas de total comparable. Chaque organisme affiche ses tarifs, qui changent.
Un dernier point : il est prudent d'estimer le temps entre l'arrivée dans le pays et le premier emploi comme infirmière. Pendant cette période, la personne n'est pas autorisée à utiliser le titre, et son revenu dépend d'autres emplois.
Quelques éléments à budgéter avant le départ :
- les frais d'évaluation des documents scolaires et professionnels ;
- les traductions certifiées des relevés et des attestations de stage ;
- les frais d'examens de langue et d'examens de licence ;
- les cours de mise à niveau éventuellement demandés ;
- les mois de vie sans revenu d'infirmière avant l'inscription à l'ordre.
Et au Canada ?
Au Canada, l'exercice de la profession relève des provinces. Pour les infirmières formées à l'étranger, la voie d'évaluation des diplômes dépend de l'ordre provincial : le NNAS intervient dans certaines démarches, mais n'est pas obligatoire partout hors Québec. En Ontario, d'autres services d'évaluation sont acceptés. Au Québec, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec traite les dossiers selon ses propres règles. Chaque ordre provincial fixe ensuite ses conditions d'inscription.
Pour étudier au Canada, StudyCanada propose notamment les programmes de sciences infirmières de l'Université de la Colombie-Britannique, de l'Université de Montréal, de l'Université d'Ottawa et de l'Université McGill. L'admission des étudiants internationaux est contingentée dans plusieurs programmes, et les fiches des établissements précisent les exigences de langue, les préalables en sciences et les stages cliniques. Les ordres provinciaux publient séparément les conditions d'inscription pour les diplômés canadiens, qui diffèrent de celles des diplômés étrangers.



