Que disent les chiffres nationaux ?

En 2025, Statistique Canada dénombrait environ 67 900 postes vacants dans les professions de la santé au Canada. Leur taux de postes vacants était de 4,5 %, contre 2,7 % pour l’ensemble des professions.

Ce taux rapporte les postes vacants à la somme des postes occupés et vacants. Il décrit une situation du marché du travail, pas la probabilité qu’une personne obtienne un emploi. Il ne mesure pas non plus tous les besoins de soins de la population.

Les résultats diffèrent selon le groupe professionnel. En 2025, le taux national était de 12,3 % pour les infirmières et infirmiers auxiliaires et de 5,0 % pour le groupe réunissant le personnel infirmier autorisé, psychiatrique autorisé et praticien. Ces deux catégories ne doivent pas être confondues.

Perspectives infirmières : comparaison par province

Pour une première comparaison territoriale, le Guichet-Emplois publie des perspectives pour le groupe des infirmières et infirmiers autorisés et psychiatriques autorisés. Les catégories ci-dessous concernent la période 2025-2027 et proviennent de sa mise à jour du 10 décembre 2025.

Perspective Provinces
Très bonne Ontario, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador
Bonne Manitoba, Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique
Modérée Québec

Ce tableau n’est pas un classement général des pénuries en santé. Il concerne le groupe professionnel étudié par le Guichet-Emplois, et non les soins infirmiers auxiliaires ou toutes les professions de santé. Une catégorie provinciale ne décrit pas nécessairement chaque région à l’intérieur de la province.

Si une province vous intéresse, poursuivez la recherche pour votre titre exact et la région où vous aimeriez vivre. Une perspective « très bonne » reste une indication générale : elle ne dit pas si un poste précis correspondra à votre formation, à votre expérience ou à vos préférences.

Postes vacants et perspectives : deux indicateurs différents

Les taux régionaux de Statistique Canada donnent un autre éclairage, mais ils ne mesurent pas la même chose que le tableau précédent. Pour 2024, ils couvrent un ensemble de professions liées à la santé :

Territoire ou regroupement Taux de postes vacants en santé, 2024
Québec 7,4 %
Ontario 5,6 %
Colombie-Britannique 5,5 %
Provinces de l’Atlantique, ensemble 6,2 %
Prairies, ensemble 4,2 %
Territoires, ensemble 7,8 %

Les trois derniers chiffres concernent des groupements géographiques : ils ne peuvent pas être attribués individuellement à chacune de leurs provinces ou à chacun de leurs territoires. De plus, ces taux portent sur 2024 et sur plusieurs professions, tandis que les perspectives précédentes concernent un groupe infirmier et une période prospective.

Pour lire une donnée, posez donc trois questions : quelle profession, quel territoire et quelle période ? Un taux élevé de postes vacants, une perspective favorable et un besoin de soins sont des informations utiles, mais non interchangeables.

Diplôme et autorisation d’exercer : l’exemple de l’Ontario

Avant de choisir une formation ou d’engager une démarche de reconnaissance, identifiez le titre professionnel et la province d’exercice visés. Adressez-vous ensuite à l’organisme qui encadre cette profession dans le territoire concerné.

Le College of Nurses of Ontario présente une démarche pour les personnes formées en soins infirmiers hors du Canada qui demandent leur inscription comme infirmière ou infirmier autorisé, ou auxiliaire autorisé, et qui ne sont pas déjà inscrites dans la même catégorie ailleurs au Canada. Il demande d’abord la validation des documents de formation par un service d’évaluation approuvé. Il peut ensuite demander des renseignements complémentaires, par exemple sur la formation suivie.

Cette validation est une étape du dossier, pas une autorisation d’exercer à elle seule. Les personnes déjà inscrites dans la même catégorie ailleurs au Canada et celles qui demandent une inscription comme infirmière ou infirmier praticien doivent consulter les indications du College qui correspondent à leur situation. L’exemple ontarien ne décrit pas non plus la procédure d’une autre province ou d’une autre profession.

Si vous possédez déjà une formation, demandez à l’organisme compétent quelles pièces il lui faut avant de décider de reprendre des études. Si vous débutez votre parcours, vérifiez si la formation envisagée correspond aux exigences du titre que vous visez.

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Étudiants internationaux : trois démarches à distinguer

Une personne qui vient étudier au Canada doit examiner séparément :

  1. L’admission : les conditions du programme et de l’établissement visés.
  2. L’autorisation professionnelle : les exigences de l’organisme compétent pour le titre et la province choisis.
  3. Le droit de travailler : les conditions d’immigration applicables à sa situation après les études.

Le permis de travail postdiplôme est une voie à examiner, sans présumer que tout diplôme ou toute personne y donne droit. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada indique que l’admissibilité dépend de plusieurs critères, dont certains varient selon le type de diplôme et la date de demande. Consultez les règles en vigueur pour votre situation avant de bâtir votre projet autour de ce permis.

Un permis de travail ne remplace pas l’inscription professionnelle nécessaire à l’exercice d’une profession réglementée. Inversement, une démarche auprès d’un organisme professionnel ne règle pas à elle seule le droit de travailler.

Universités et programmes : santé mondiale ou métier clinique ?

Si votre intérêt porte sur la santé sans que vous ayez encore choisi une profession clinique, une formation générale peut vous aider à explorer les questions de population et de politiques. Voici deux exemples, à comparer pour leurs apprentissages plutôt que comme des raccourcis vers le titre infirmier :

  • À McGill University, le Faculty Program in Population and Global Health (B.A.) combine notamment l’étude des déterminants de santé, de l’éthique et des politiques avec un semestre d’apprentissage expérientiel.
  • À York University, Global Health existe en BA et en BSc. Le programme aborde notamment les politiques de santé mondiale, les maladies et l’équité en santé.

Ces exemples répondent à un intérêt pour la santé des populations ou la santé mondiale. Ils ne constituent pas des qualifications infirmières directes. Si votre objectif est de soigner des patients sous un titre réglementé, partez plutôt des exigences du titre visé, puis recherchez les formations qui y correspondent. Vérifiez aussi les conditions d’admission et, s’il y a lieu, votre situation auprès d’IRCC.

Une méthode pour décider

Commencez par écrire une phrase précise : « Je souhaite exercer tel métier dans telle province » ou « Je souhaite étudier la santé des populations sans avoir encore choisi de métier ». Les deux projets peuvent mener à des recherches très différentes.

Pour un métier clinique précis, comparez d’abord les perspectives du titre et de la région, puis les exigences de l’organisme professionnel. Pour une exploration plus générale, comparez les contenus des programmes et les possibilités que vous souhaitez examiner après le diplôme, sans présumer qu’un titre clinique sera accessible automatiquement.

Dans les deux cas, construisez un budget et un calendrier qui couvrent les études et les démarches envisagées. Pour un projet international, ajoutez la vérification du statut et des conditions de travail. Gardez enfin la date des données consultées : les perspectives et les règles peuvent évoluer entre votre première recherche et votre candidature.