Distinguez l'intitulé du contenu

Un BBA (Bachelor of Business Administration), un BCom (Bachelor of Commerce) ou une licence en gestion peuvent désigner des programmes de trois ou quatre ans, avec des contenus voisins : comptabilité, finance, marketing, gestion des opérations, ressources humaines. Les différences viennent surtout de la tradition du pays ou de l'établissement. Dans plusieurs universités du Commonwealth, le BCom est l'intitulé courant. Aux États-Unis, le BBA est répandu. En France et dans d'autres pays européens, on parle plutôt de licence, de bachelor ou de diplôme d'école.

Le nom du diplôme ne dit pas le niveau de mathématiques exigé, la part de cours obligatoires ni la présence de stages. Deux programmes qui portent le même intitulé peuvent donc différer fortement. Pour comparer, le plan de cours des deux premières années et la liste des spécialisations sont plus fiables que l'étiquette.

Cette précaution s'applique aussi à la durée. Dans l'Espace européen de l'enseignement supérieur, le premier cycle compte en général de 180 à 240 crédits ECTS et dure environ trois ans, selon le site officiel du processus de Bologne ; en Amérique du Nord, le baccalauréat dure plus souvent quatre ans. Un programme de trois ans et un programme de quatre ans ne se valent donc pas automatiquement, mais ils ne s'excluent pas non plus.

Comparez les intitulés dans un tableau

Le tableau suivant décrit des usages courants. Ce sont des tendances, non des règles : chaque établissement fixe ses propres programmes.

Intitulé Usage courant Point à vérifier
BBA Fréquent en Amérique du Nord et en Asie Part de cours de mathématiques et de gestion générale
BCom Fréquent au Canada, en Australie, au Royaume-Uni et en Inde Possibilité de spécialisation et de stage
Licence en gestion Fréquent en France et dans plusieurs pays européens Durée du cycle et poursuite d'études en master
Bachelor (école de commerce) Fréquent dans les écoles de commerce européennes Reconnaissance du grade par l'État

Un point mérite une vérification particulière : le grade ou le titre reconnu par l'État. Dans certains pays, un diplôme d'école de commerce peut être « visé » ou reconnu, dans d'autres non. La reconnaissance conditionne l'accès aux études supérieures et à certains emplois publics.

Comprenez ce qu'est une accréditation

Une accréditation est une évaluation externe d'un établissement ou d'un programme, menée par un organisme indépendant selon des critères publiés. Elle n'est ni obligatoire pour enseigner ni un diplôme. Elle signale qu'une école a accepté d'être évaluée et qu'elle remplit certaines conditions à un moment donné.

Une accréditation ne garantit pas la qualité de chaque cours, la satisfaction des étudiants ni l'emploi à la sortie. Elle ne dit pas non plus combien l'école coûte. Elle sert surtout de filtre : une école accréditée a passé une évaluation formelle, ce qui n'est pas le cas de toutes.

Il faut aussi distinguer l'accréditation d'une école de celle d'un programme. Certains organismes accréditent l'ensemble de l'école, d'autres un programme précis, et une école peut avoir l'un sans l'autre.

Lisez ce que dit l'AACSB sur elle-même

L'AACSB International se décrit comme le plus grand réseau mondial d'éducation en gestion et comme l'organisme qui fixe la norme internationale en la matière. Sa page d'accréditation indique que 6 % seulement des établissements du monde qui offrent des diplômes en gestion sont accrédités par l'AACSB.

La page consultée ne donne ni le nombre total d'écoles accréditées ni le nombre de pays. Les décomptes qui circulent ailleurs ne concordent pas toujours, selon les sources et les dates. La mention d'un chiffre précis sans date et sans source officielle est donc à éviter.

La page présente aussi les avantages que l'accréditation procurerait aux écoles : hausse des inscriptions, meilleure compétitivité, davantage de subventions de recherche. Ce sont des affirmations de l'organisme lui-même, qui a un intérêt à promouvoir son label.

Lisez ce que dit l'EFMD sur EQUIS

EQUIS est le système d'accréditation de l'EFMD, une association de formation en gestion. Sa page le décrit comme un examen de qualité complet fondé sur une évaluation par des pairs, menée par une équipe internationale qui comprend un cadre d'entreprise. Il couvre dix composantes : contexte, gouvernance et stratégie ; programmes ; étudiants ; corps professoral ; recherche ; formation des cadres ; ressources et administration ; internationalisation ; éthique, responsabilité et durabilité ; liens avec la pratique.

La page indique un minimum de 25 équivalents temps plein de professeurs permanents. Elle précise que l'accréditation « est souvent une condition d'accès aux classements ». Elle ne publie pas de nombre total d'écoles accréditées, mais renvoie à une liste.

La page consultée ne compare pas EQUIS à l'AACSB. Les écoles qui détiennent les deux sont parfois dites « à double accréditation », mais ce statut doit être vérifié sur les pages des deux organismes.

Vérifiez une accréditation avant de vous fier au logo

Une école peut afficher un logo sur son site sans que l'accréditation soit à jour. La vérification demande peu de temps :

  • chercher l'école sur la liste officielle de l'organisme d'accréditation ;
  • noter la date d'obtention ou de renouvellement ;
  • vérifier si l'accréditation couvre l'école entière ou un programme précis ;
  • vérifier que le programme visé relève bien du périmètre de l'accréditation ;
  • comparer avec les autres sources de qualité : agrément national, rang dans les classements, taux de placement publié.

Un écart entre le logo affiché et la liste officielle est un signal d'alerte. Une école sérieuse indique elle-même la date et le périmètre de ses accréditations. En cas de doute, un courriel à l'organisme d'accréditation permet d'obtenir une confirmation écrite, que l'on peut conserver avec son dossier d'inscription.

Évitez les erreurs de lecture courantes

Trois erreurs reviennent souvent. La première consiste à croire qu'une accréditation internationale remplace la reconnaissance nationale du diplôme : les deux sont indépendantes. La deuxième consiste à comparer des écoles sur le nombre de logos affichés, alors que chaque organisme a ses propres critères. La troisième consiste à ignorer le contenu du programme au profit de la marque.

Un autre piège tient aux classements. L'EFMD note elle-même que l'accréditation est souvent une condition d'entrée dans les classements : une école non accréditée peut donc être absente d'un classement sans que cela dise quelque chose de la qualité de son enseignement.

Au final, les accréditations apportent un repère parmi d'autres. Elles n'éclairent ni le coût, ni l'ambiance, ni les débouchés réels. Ces éléments se vérifient par les anciens diplômés et les statistiques de placement publiées, ainsi que par une lecture attentive des conditions de reconnaissance du grade dans le pays où l'on souhaite poursuivre ses études ou travailler.

Et au Canada ?

Au Canada, plusieurs universités offrent des programmes de baccalauréat en commerce sous des intitulés variés : B.Com., B.A.A., B.B.A. Les écoles de gestion peuvent détenir une ou plusieurs accréditations internationales, que chaque établissement affiche sur sa page ; la page du B.Com. de McGill, par exemple, ne mentionne ni l'AACSB ni EQUIS et décrit une structure flexible qui combine majeures, concentrations et mineures. La reconnaissance du diplôme au Canada passe par l'autorité de l'établissement, qui est une université publique dans la grande majorité des cas, et non par l'accréditation privée.

StudyCanada propose notamment les programmes de commerce de l'Université McGill, de l'Université de la Colombie-Britannique et de l'École de gestion Telfer de l'Université d'Ottawa, ainsi que le programme de comptabilité et de gestion financière de l'Université de Waterloo. Les conditions d'admission des étudiants internationaux se lisent dans la page de chaque programme.