Deux domaines proches, des cursus à examiner
L’informatique et le génie logiciel partagent des fondements, mais les programmes ne répartissent pas nécessairement leurs cours de la même façon. Dans la comparaison de ses propres formations, l’Université de Waterloo rapproche leurs bases informatiques et présente le génie logiciel autour de la conception et de la qualité des systèmes.
Il serait toutefois trompeur d’en conclure que l’informatique est toujours théorique et le génie logiciel toujours pratique. Les annuaires de Concordia et de Toronto Scarborough montrent plutôt des ensembles d’exigences propres à chaque parcours. La bonne question est : qu’allez-vous étudier concrètement, et avec quelle marge de choix ?
| Point à comparer | Question à poser |
|---|---|
| Fondements | Quels cours de programmation et d’informatique sont obligatoires ? |
| Conception du logiciel | Quelle place occupent la conception, les tests et la qualité ? |
| Structure | Combien de cours sont imposés et combien pouvez-vous choisir ? |
| Projets | Quels projets sont prévus et à quel moment du parcours ? |
| Orientation | Le logiciel constitue-t-il le diplôme lui-même ou une option dans un autre domaine ? |
Cette dernière distinction est importante : une orientation logicielle peut se trouver dans un diplôme d’informatique ou de génie informatique. Son intitulé ne suffit pas à déterminer le contenu ni l’agrément.
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Agrément du programme et titre professionnel : ne pas confondre
Au Canada, le Bureau canadien d’agrément des programmes de génie évalue des programmes de génie de premier cycle. L’agrément concerne un programme précis : ce n’est ni un classement des universités ni un permis individuel d’exercice. Si l’accès à la profession d’ingénieur est important pour vous, consultez le registre d’Ingénieurs Canada pour l’établissement, le programme et la période qui vous concernent.
Un diplôme et un titre professionnel sont deux choses différentes. Au Québec, par exemple, le titre d’ingénieur est réservé aux personnes qui détiennent un permis de l’Ordre des ingénieurs du Québec et sont inscrites à son tableau. Pour exercer ailleurs, renseignez-vous auprès de l’organisme de réglementation de la province ou du territoire visé : l’exemple québécois ne décrit pas à lui seul toutes les règles canadiennes.
Enfin, la présence des mots Software Engineering dans le nom d’une orientation d’informatique ne permet pas, à elle seule, de conclure que le programme est agréé en génie.
Universités et programmes
Ces trois exemples montrent des façons différentes d’organiser les études autour du logiciel. Ils ne constituent pas un classement.
Un baccalauréat de génie logiciel à Concordia University. Le BEng in Software Engineering comprend au minimum 120 crédits. L’annuaire décrit un parcours de quatre années à temps plein, avec notamment un tronc de génie, un tronc de génie logiciel et des cours au choix. La durée individuelle peut varier. Dans le registre d’Ingénieurs Canada mis à jour le 7 juillet 2026, l’entrée Software de Concordia est indiquée comme agréée depuis 2002 jusqu’au présent du registre.
Une orientation logicielle en informatique à University of Toronto. Au campus de Scarborough, le Specialist (Co-operative) Program in Computer Science - Software Engineering Stream (Science) est un parcours de sciences en informatique. L’annuaire prévoit douze mois de périodes de travail coop, avec plusieurs répartitions possibles. L’accès est limité et certaines dispositions dépendent de la cohorte : vérifiez l’annuaire applicable à votre rentrée.
Une option logicielle en génie informatique à University of Alberta. Le Bachelor of Science in Computer Engineering Co-op - Software Option relève du génie informatique. Une personne venant directement du secondaire présente d’abord une demande en première année commune de génie. Cette étape ne garantit pas une place dans l’option souhaitée.
Pour les trois parcours, vérifiez les conditions d’admission correspondant à votre formation antérieure et à la rentrée visée. La présence d’une fiche ne garantit pas l’admission.
Coop : une expérience à organiser, pas un emploi garanti
Un parcours coop associe études et périodes de travail. Mais le calendrier, les conditions d’accès et la recherche de stage méritent d’être examinés séparément du nom du programme.
À Toronto Scarborough, les douze mois de travail prévus dans le parcours mentionné peuvent notamment être répartis en trois périodes de quatre mois, en périodes de quatre et huit mois, ou en une période de douze mois. À Waterloo, l’université décrit une recherche concurrentielle comportant des candidatures et des entrevues : les emplois coop ne sont pas garantis. Ce fonctionnement est un exemple institutionnel, pas une règle détaillée applicable à tous les établissements.
Avant de choisir, demandez au programme comment on accède au coop, si les périodes de travail sont obligatoires, quel accompagnement est offert et ce qui se passe si la recherche n’aboutit pas. Pour préparer votre budget, prévoyez aussi un scénario sans la rémunération espérée.
Étudiants internationaux : vérifier les conditions du stage
Les étudiants internationaux doivent examiner les conditions de travail qui s’appliquent à leur situation, en plus des exigences scolaires du programme. Depuis le 1er avril 2026, les étudiants étrangers postsecondaires admissibles n’ont plus besoin d’un permis de travail coop distinct pour les stages professionnels exigés par leur programme, selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
Ce changement ne constitue pas une autorisation automatique pour tout stage. Vérifiez notamment les conditions de votre permis d’études, de votre inscription et du stage envisagé auprès d’IRCC et du service aux étudiants internationaux de l’établissement. Les règles concernant les élèves du secondaire ne doivent pas être confondues avec cette mesure postsecondaire.
Combien rapportent les stages coop ?
Waterloo publie des moyennes horaires pour les périodes de travail coop de premier cycle effectuées au Canada en 2025. Les groupes ci-dessous donnent des repères pour des stages, et non des salaires après le diplôme.
| Groupe publié | Première période | Sixième période |
|---|---|---|
| Engineering, dont le génie logiciel, hors architecture | 21,67 $ CA/h | 31,53 $ CA/h |
| Mathematics, dont l’informatique, hors actuariat | 22,76 $ CA/h | 34,15 $ CA/h |
Ces moyennes regroupent plusieurs formations : elles ne permettent donc pas d’isoler le génie logiciel et l’informatique, ni de conclure qu’un diplôme paie mieux que l’autre. Elles ne garantissent pas non plus le nombre de périodes obtenues ou leur rémunération. Pour estimer un budget, distinguez le taux horaire envisagé, la durée du travail et les dépenses liées au stage.
Après le diplôme : des repères québécois à lire avec prudence
La Relance à l’université 2025 du Québec apporte un éclairage différent. Elle porte sur des titulaires d’un baccalauréat de la promotion 2023 et observe leur situation pendant la semaine du 16 au 22 février 2025, environ vingt mois après le diplôme.
Pour les emplois liés à la formation, l’enquête rapporte les moyennes suivantes ; les données salariales excluent les personnes à leur compte.
| Domaine de formation publié | Salaire horaire moyen | Taux de réponse |
|---|---|---|
| Sciences de l’informatique | 40,75 $ CA/h | 41,9 % |
| Génie informatique et de la construction des ordinateurs | 41,82 $ CA/h | 52,5 % |
La seconde catégorie ne mesure pas séparément le génie logiciel. Ces montants ne sont pas nécessairement des salaires de première embauche et ne représentent pas l’ensemble du Canada. Les taux de réponse invitent aussi à la prudence : les moyennes ne décrivent pas chaque personne diplômée.
Les deux tableaux de cet article répondent donc à des questions différentes : l’un porte sur des stages à Waterloo, l’autre sur une situation observée après le baccalauréat au Québec. Ils ne permettent pas d’établir un avantage salarial propre à l’un des deux diplômes.
Une méthode pour choisir
Retenez quelques programmes qui vous intéressent, puis comparez-les avec les mêmes questions :
- Cours et projets : les matières obligatoires correspondent-elles à ce que vous voulez apprendre ? Quelle liberté de choix reste-t-il ?
- Diplôme et agrément : s’agit-il d’un diplôme de génie, d’informatique ou d’une option ? Si le titre d’ingénieur compte pour vous, avez-vous vérifié l’agrément et les exigences du régulateur ?
- Coop : à quel moment y accède-t-on, combien de travail est prévu et comment se déroule la recherche ?
- Admission et quotidien : quels préalables, quelle langue d’enseignement, quelle durée et quel budget correspondent à votre situation ?
Si vous aimez l’idée d’un parcours centré sur la conception et la qualité des logiciels, examinez les grilles de génie logiciel. Si vous souhaitez surtout garder des choix de spécialisation ouverts, comparez la latitude réelle des programmes d’informatique. Dans les deux cas, demandez les informations applicables à votre cohorte : le meilleur choix est celui dont le contenu et les conditions correspondent à votre projet.


