Que fait-on en criminologie ?

La criminologie s’intéresse au crime et aux réponses sociales et institutionnelles qui lui sont apportées. Les études sociojuridiques examinent, elles, les phénomènes juridiques à travers les sciences sociales. Ces domaines permettent donc d’étudier les institutions, les politiques et les rapports entre droit et société, pas seulement les affaires criminelles.

Deux orientations méritent particulièrement votre attention : comprendre et analyser, d’une part, intervenir auprès des personnes, d’autre part. Leur place varie selon le cursus. À Laval, le baccalauréat comporte un stage d’intervention clinique. À Toronto, la présentation des études supérieures insiste sur l’analyse et la recherche en criminologie et en études sociojuridiques.

La méthode compte autant que le sujet. Le cheminement avec placements de l’Université de l’Alberta comprend, par exemple, des enseignements de statistiques sociales, de méthodologie et d’administration de la justice pénale au Canada. Si la discipline vous attire, demandez-vous donc aussi si vous souhaitez apprendre à analyser des données, évaluer des travaux scientifiques ou développer des compétences d’intervention.

Criminologie, police, droit et criminalistique : des parcours distincts

Travailler sur les questions de justice n’implique pas de suivre la même formation. La distinction est décisive si vous avez déjà un métier en tête.

Votre objectif La distinction à retenir
Comprendre le crime et les réponses institutionnelles C’est un objet central de la criminologie ; comparez ensuite la place de la recherche et de l’intervention.
Devenir policier Un diplôme de criminologie ne remplace pas les conditions de recrutement et de formation policière.
Devenir avocat Des cours portant sur le droit ne remplacent pas le parcours donnant accès à la profession.
Travailler sur les traces matérielles et les analyses scientifiques Ne confondez pas criminologie et criminalistique ; examinez les compétences techniques du métier visé.

Au Québec, le parcours policier présenté par le gouvernement comprend notamment une formation admissible en techniques policières, la formation initiale en patrouille-gendarmerie de l’École nationale de police du Québec et la citoyenneté canadienne. Ce résumé n’est pas exhaustif et ne décrit pas les règles de tous les services policiers du Canada.

Toujours au Québec, le parcours habituel vers la profession d’avocat passe par un baccalauréat en droit, l’École du Barreau et un stage, sous réserve des autres voies encadrées. Enfin, Toronto précise que son programme supérieur de criminologie et d’études sociojuridiques n’est ni une formation en criminalistique ni une formation professionnelle juridique. Cette précision concerne ce programme, sans définir à elle seule tous les cursus canadiens.

Universités et programmes

Les trois universités suivantes illustrent des choix de formation différents. Cette sélection n’est ni un palmarès ni un inventaire exhaustif. La présence d’un programme au catalogue ne confirme pas votre admissibilité ni les conditions applicables à votre rentrée.

Université Laval : examiner la place de l’intervention

À l’Université Laval, le Baccalauréat en criminologie mène au B.A. Il comprend 90 crédits, pour une durée estimée de trois ans à temps complet. Il comporte une activité obligatoire de 12 crédits associant stage d’intervention clinique et séminaire d’intégration.

C’est un exemple à examiner si vous souhaitez une formation comportant une expérience d’intervention. Il faut néanmoins intégrer les contraintes du stage à votre projet : certains milieux peuvent être éloignés, et l’accès est soumis à des exigences particulières.

University of Toronto : comprendre l’accès à la majeure

L’University of Toronto propose notamment Criminology and Sociolegal Studies - Major (Arts Program), dans un cursus menant au HBA.

L’accès à cette majeure est sélectif et nécessite 4,0 crédits universitaires préalables, selon le système de Toronto. Le calendrier exige aussi 2,0 crédits dans les matières désignées et exclut les candidatures dont la moyenne dans ces cours est inférieure à 70 %. Atteindre ce minimum ne garantit pas l’admission : la capacité est limitée et le seuil de sélection varie selon les candidatures et les places disponibles. Consultez le calendrier de la majeure pour la liste des matières et les modalités applicables.

Être admis à l’université ne signifie donc pas être déjà admis à cette majeure.

University of Alberta : distinguer cours et placements

À l’University of Alberta, le Bachelor of Arts in Criminology propose les cheminements Course Based et Field Placement.

Le second fait l’objet d’une candidature et d’une sélection supplémentaires après l’admission en criminologie. Si l’expérience de terrain est votre priorité, renseignez-vous sur cette deuxième étape : l’admission au diplôme ne garantit pas l’accès au cheminement avec placements.

Certificat, majeure ou maîtrise : quelle portée pour votre projet ?

Un même mot dans deux intitulés ne signifie pas que les formations ont la même fonction.

À Laval, le Certificat en criminologie compte 30 crédits, pour une durée estimée d’un an à temps complet. L’université précise qu’il ne donne pas accès au titre réservé de criminologue. Il ne faut donc pas le traiter comme l’équivalent du baccalauréat pour un projet professionnel réglementé.

À Toronto, la majeure doit être comprise dans l’architecture du cursus complet, avec ses propres conditions d’accès. Avant de comparer son volume à celui d’un baccalauréat québécois, examinez les exigences de chaque diplôme plutôt que de vous fier au seul nombre de crédits.

Pour approfondir la discipline aux études supérieures, Toronto propose aussi Criminology and Sociolegal Studies, menant au MA. Le calendrier 2026-2027 fixe des conditions d’admission propres à ce cycle, dont un diplôme universitaire préalable approprié. Un intitulé voisin au premier cycle ne suffit pas à établir une admission automatique en maîtrise.

Le bon réflexe consiste à demander : « Que me permet précisément cette formation pour la suite de mon parcours ? », plutôt qu’à comparer uniquement sa durée ou son nom.

Au Québec, le diplôme ne suffit pas à porter le titre de criminologue

Le titre de criminologue est réservé au Québec. L’article 36 b) du Code des professions exige un permis valide et l’inscription au tableau de l’Ordre professionnel des criminologues du Québec pour utiliser ce titre. Le baccalauréat de Laval constitue une voie d’accès, mais l’obtention du diplôme ne remplace pas les démarches professionnelles.

Cette distinction devient particulièrement importante si vous envisagez d’étudier ailleurs puis de travailler au Québec. Ne présumez pas qu’un diplôme comportant le mot « criminologie » donne les mêmes droits : demandez au régulateur comment votre formation serait examinée.

Il faut également garder séparées trois questions : être admis dans un programme, satisfaire aux exigences professionnelles et disposer des autorisations de séjour nécessaires. Une réponse favorable à l’une ne règle pas les deux autres. La réglementation québécoise présentée ici ne doit pas être généralisée à tout le Canada.

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Admission et stages : les questions à poser avant de choisir

Les exemples de Toronto et de l’Alberta montrent pourquoi il faut distinguer l’admission initiale de l’accès à une composante sélective du parcours. À Laval, les contraintes concernent aussi l’accueil en stage : une déclaration d’antécédents judiciaires est exigée et certaines situations peuvent empêcher l’accès à un milieu. Des exigences sanitaires s’appliquent également ; des stages peuvent se dérouler hors de la région de Québec.

Avant de déposer votre candidature, obtenez des réponses pour votre diplôme d’origine, votre catégorie d’admission et votre rentrée :

  • Quels préalables et quelles preuves linguistiques sont demandés ?
  • Existe-t-il une sélection après l’entrée à l’université ?
  • Le stage est-il obligatoire, optionnel ou accessible sur sélection ?
  • Quelles démarches, contraintes de déplacement et conditions d’accueil faut-il anticiper ?
  • Si le titre professionnel est votre objectif, quelle démarche suivra le diplôme ?

Cette vérification permet de comparer les possibilités réelles du parcours, au-delà de son intitulé.

Quels débouchés envisager ?

La fiche métier du gouvernement québécois décrit plusieurs missions possibles : intervention auprès de personnes contrevenantes ou victimes, accompagnement dans le processus judiciaire, prévention, analyse des effets du crime et conception de programmes d’aide. Ces activités ne signifient pas que tous les diplômés accèdent automatiquement aux mêmes postes.

La recherche et l’analyse constituent une autre orientation. Toronto présente son programme supérieur comme pertinent pour la recherche, l’enseignement et les fonctions nécessitant une lecture critique des travaux criminologiques ou sociojuridiques. Cela décrit une finalité de formation, pas une garantie de recrutement.

Soyez prudent avec les chiffres de salaire. La fiche canadienne de Job Bank intitulée « Criminologist » utilise le groupe CNP 41409, qui rassemble plusieurs professions des sciences sociales. Ses statistiques ne décrivent donc pas exclusivement les criminologues, encore moins le salaire d’entrée des nouveaux diplômés.

Pour préciser votre projet, comparez des offres correspondant à une fonction et à une province données. Relevez les diplômes, l’expérience et les éventuelles conditions professionnelles demandés, puis confrontez-les au cursus envisagé.

Quel budget prévoir selon son statut ?

Les montants d’une université ne constituent pas un tarif national. À titre d’exemple, Laval publie les montants suivants pour 30 crédits au premier cycle en 2026-2027 :

Catégorie du tableau de Laval Montant publié en CAD
Étudiants internationaux sans exemption 28 232,96 $
Étudiants français ou belges francophones admissibles aux ententes 10 868,96 $

Ces montants comprennent les droits de scolarité et certains frais universitaires. L’acompte est inclus : il ne faut pas l’ajouter une seconde fois. Les tarifs peuvent être modifiés sans préavis.

Il s’agit d’un repère institutionnel, pas d’un devis personnalisé pour votre parcours. Le tarif lié aux ententes n’est pas accordé indistinctement à tous les étudiants francophones. Ces exemples internationaux ne décrivent pas non plus les droits des étudiants canadiens.

Ajoutez au calcul le logement, l’alimentation, l’assurance, les dépenses personnelles et les déplacements ou une éventuelle installation liés au stage. Pour comparer deux établissements, retenez la même année universitaire, une charge de cours comparable et votre statut tarifaire réel. Ne déduisez une exemption ou une aide financière qu’après confirmation de votre admissibilité.

Étudiants internationaux : distinguer admission et permis d’études

Selon les instructions d’IRCC consultées le 24 octobre 2026, une demande de permis d’études nécessite notamment une lettre d’acceptation et une preuve de ressources financières. Une attestation provinciale ou territoriale est requise dans la plupart des cas, sous réserve des exceptions. Au Québec, les démarches comprennent le Certificat d’acceptation du Québec — CAQ.

Pour les demandes déposées à compter du 1er septembre 2026, IRCC indique une preuve de subsistance de 23 448 CAD par an pour une personne seule hors Québec, sans les droits de scolarité ni le transport. C’est un minimum administratif, pas la garantie d’un budget suffisant dans toutes les situations. Le Québec applique ses propres exigences financières : ce montant ne doit pas servir de seuil pour un projet à Laval.

Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil individuel. Consultez les instructions officielles applicables au moment du dépôt.

Pour trancher entre plusieurs programmes, partez de votre objectif — intervention, analyse ou recherche — puis vérifiez successivement le diplôme, l’accès aux stages, les exigences professionnelles et le coût complet. C’est cette cohérence, davantage que l’intitulé seul, qui doit guider votre choix.